Je me disais qu'il faudrait quand même que je vous parle des deux oeuvres et de la légende qui sont à l'origine de Lorelei22.
La légende:
"On dit que la Lorelei était une sirène
qui apparaissait assise sur le rocher dès que la nuit tombait, peignant ses
longs cheveux d'or et chantant des mélodies envoûtantes. Les marins qui
passaient trop près du rocher étaient complètement ensorcelés par la beauté de
la sirène et par ses chansons. Ils perdaient le contrôle de leurs bateaux qui
se brisaient sur le rocher, causant ainsi la mort de nombreux marins.
Ronald, jeune et courageux
guerrier, fils du comte palatin du Rhin, entendit un jour parler de la beauté
divine de cette femme. Il brûlait d'envie d'aller la contempler. Ainsi, il fit
semblant de partir à la chasse pour s'embarquer en réalité sur un bateau qui
devait le conduire au rocher de la Lorelei. Lorsqu'il aperçut la fille à la tombée
de la nuit, qui le regarda en chantant ses douces mélodies, il en fut tellement
ébloui qu'il se jeta par-dessus bord pour la rejoindre. Il fut aussitôt
englouti par le fleuve, tandis que le chant mystérieux de la sirène reprit, un
peu plus tristement.
Lorsque le comte palatin apprit la
mort de son fils, il décida de mettre fin au charme destructeur de la Lorelei. Armé d'un
puissant équipage, il descendit le Rhin afin de s'emparer de la sorcière.
Pendant que des hommes armés cernaient le rocher, d'autres le gravirent jusqu'à
ce qu'ils virent l'apparition au bord de la falaise.
Mais leur plan de la jeter dans le
vide échoua : la jeune fille, menacée, appela d'un chant son père, le Rhin,
pour qu'il vienne la chercher. Et aussitôt, une tempête s'éleva faisant monter
des vagues jusqu'au sommet du rocher, en emportant la sirène.
Depuis ce jour, elle ne fut plus
jamais revue. Mais son charme agit toujours : on dit que parfois, la nuit, une
étrange voix de femme se fait entendre près du rocher, douce et captivante…"
Deux oeuvres inspirées de cette légende me font souvent rêver et depuis La Lorelei est devenue pour moi un personnage important.
La première oeuvre est chanson française, de celui qui devenu mon chanteur préféré, Lorelei Sebasto Cha de Hubert-Félix Thiéfaine. Je ne vous parle pas longuement de lui cette fois-ci car je prévois de lui consacrer un article pour lui rendre hommage bientôt. Ce que je puis dire c'est que je connais et écoute cette chanson (sur l'album Soleil cherche futur) depuis que j'ai une dizaine d'années... Je vous mets le lien pour l'écouter en concert sur dailymotion, mais je dois dire que ce n'est pas ma version préférée et que si j'adore la voix de Thiéfaine, je n'aime pas le voir chanter. Si vous êtes comme moi, il vous suffira de fermer les yeux et de vous laisser berser par le flot mélodieux...
La deuxième est un poème d'un poète que j'affectionne beaucoup (peut-être parce que je suis née le jour où on le faite...); c'est Apollinaire. Le poème en question fait partie du recueil Alcools et se retrouve parfois en étude de texte au Bac (je n'ai pas eu cette chance). Comme je sais que certains aiment la poésie, voici le texte d'un mélancolique destin:
La Loreley
à Jean sève
À Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde
Devant son tribunal l'évêque la fit citer
D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté
Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcelerie
Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri
Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie
Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley
Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé
Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège
Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien
Mon coeur me fait si mal il faut bien que je meure
Si je me regardais il faudrait que j'en meure
Mon coeur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là
Mon coeur me fit si mal du jour où il s'en alla
L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances
Menez jusqu'au couvent cette femme en démence
Vat-en Lore en folie va Lore aux yeux tremblant
Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc
Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre la Loreley
les implorait et ses yeux brillaient comme des astres
Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut
Pour voir une fois encore mon beau château
Pour me mirer une fois encore dans le fleuve
Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves
Là haut le vent tordait ses cheveux déroulés
Les chevaliers criaient Loreley Loreley
Tout là bas sur le Rhin s'en vient une nacelle
Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle
Mon coeur devient si doux c'est mon amant qui vient
Elle se penche alors et tombe dans le Rhin
Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil
Guillaume
Apollinaire (1880 - 1918)
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